Compagnie.
Quartier latin. Soirée fade, je titube contre vents et marées. Le flot continu et habituel de touristes qui égrènent les restaurants et autres lieux de beuverie. Je me sens nauséeux, sale, poisseux. Ma chemise blanche me colle à la peau, et je sens sur moi les relents de tabac froid, et de sueur. Je dépasse le théâtre de la huchette, puis je m’engouffre enfin dans le couloir frais dont l’escalier mène à mon appartement. J’ai les yeux rougis par la fatigue, et l’alcool. Je soupire, finissant par trouver la bonne clef ouvrant la porte sur mon antre. Un bordel innommable. Je jette ma veste dans un coin, déboutonne non sans mal ma chemise. Je m’apprête à prendre une douche bien méritée, lorsque mes yeux s’attardent sur le salon. Tout est propre, nickel chrome, rangé. Ce n’est pas normal, impossible même ! Si j’avais engagé une femme de ménage, je serais au courant. Mon regard finit par retomber sur le sofa. Elle est là. Je frissonne. Dans son écrin vermillon de rebelle gothique, elle me sourit. De son visage de porcelaine, aux yeux noircit de khôl. Elle n’est que sourire. Je la reconnais vaguement, mais sa présence me surprend tout en me rassurant. On dirait une geisha. Je reste béat, obnubilé par son sourire impassible. Une poupée. De vagues pensées malsaines me viennent à l'esprit. Mon pouls s'accélère, vague désir lubrique. Libidineux. Mon estomac se noue, se dénoue. Je cours aux toilettes. La souillure sur l’éclat laiteux.
